La femme à moustache ? Elle existe et elle est Portugaise ! Cest en tout cas le stéréotype véhiculé en France et en Espagne.
La légende de la femme à barbe
REPORTAGE
Traduction : agnès leroux
17/12/07
Tags : Espagne, égalité des sexes, jeunesse, mode de vie, Europe du Sud, mode, Lisbonne, France.
2votes plus 0 votes moins
Ce n’est certainement pas par conviction politique que les femmes portugaises ont des moustaches. Le triste cliché dont elles sont victimes n’est pas une provocation pour agir en faveur de la parité, rappelant l’action des représentantes de l’association turque ‘Ka-der’, qui en mai 2007 avaient décidé de porter des fausses moustaches pour dénoncer l’absence de femmes au Parlement d’Ankara. Les moustaches et le duvet des femmes portugaises sont au contraire une réalité. Toute méditérannéenne.
Une vielle histoire
Giovane modella portoghese Rita (Foto, Paulgi/Flickr)
« La majorité des Européens a en tête le stéréotype des Portugaises émigrées dans les années 70, venant généralement des campagne et appartenant aux classes sociales les plus modestes. Ces femmes n’avaient ni le temps ni l’argent de prendre soin d’elles. Le même préjugé s’est répandu aux Etats-Unis à propos des immigrées italiennes, » explique Patricia Barnabé, une des rédactrices en chef de Vogue Portugal.
L’exemple le plus criant reste celui de la France, littéralement prise d’assaut dans les années 70 par les émigrés portugaises qui travaillaient souvent en tant que concierges dans les immeubles cossus des grandes métropoles.
Barnabé, 33 ans, voudrait voir se développer la liberté d’expression chez les femmes portugaises. « Elles vivent encore avec une mentalité héritée de la période de la dictature [de Salazar, qui s’est terminée en 1974] dans laquelle les valeurs importantes demeurent la famille, le travail et la modestie ». Une tradition qui a quelques effets positifs : les Portugais se montrent rarement nationalistes et ils sont plutôt prêts à accepter une identité européenne.
« Nous ne sommes pas très fiers de notre culture. Nous aimons ce que nous sommes, mais nous sommes encore plus curieux de ce qui se passe à l’étranger. Nous sommes loin de nous considérer comme les meilleurs. Nous parlons plusieurs langues et, peut-être pour des raisons historiques et géographiques, nous sommes ouverts aux cultures étrangères. Même si notre pays est petit, nous n’avons jamais cessé de regarder tout autour de nous.
Giovane modella portoghese Ines (Foto, Paulgi/Flickr)
Patricia elle fait certainement partie d’une nouvelle génération : « la moustache est un stéréotype voué à disparaître qu’il faut considérer avec ironie et partager avec l’Espagne et l’Italie, » explique-t-elle en souriant, avant de partir pour sa leçon yoga hebdomadaire.
Sea, short & sun
La nonna della fotografa di anni 87 mostra una sua foto all’età di 17 anni (Foto, Paulgi/Flickr)
Laissant derrière nous le quartier des affaires où se trouve la rédaction de Vogue, nous retournons vers le centre-ville, au Chiado, pour rencontrer Joana Pote, de l’agence de mannequins ‘Elite’. C’est une jeune trentenaire, café et cigarette à la main, qui fait fi imméditament des clichés : « les femmes portugaises ont des côtés merveilleux et les moustaches ne sont qu’un problème mineur. On peut les enlever en dix minutes ! »
Joana a vu passer nombre de beautés portugaises, et elle confesse à demi-mots que ce sont peut-être les Françaises qui finalement ont le plus de duvet. La seule limite des mannequins portugais, dit-elle, c’est leur taille. « Elles sont peu à faire plus d’un mètre soixante-dix et leurs hanches sont généralement trop larges pour rivaliser avec les filles de l’Europe de l’Est. C’est difficile de trouver des top-models portugaises pour les défilés, » précise Joana.
Au contraire, le métissage culturel qui dérive de siècles de voyages et d’immigration a contribué à définir des caractéristiques physiques venant de la Chine, de l’Afrique ou de l’Amérique du Sud. « La force de la beauté portugaise vient de la présence de la mer et du soleil : les peaux sont ici délicatement bronzées, » insiste Joana.
Avant de continuer : « leurs visages sont parfaits pour la photographie en studio mais leur petite taille ne permet pas de les utiliser pour les défilés. Nous sommes donc contraints de recourir à des mannequins brésiliennes ou venant de l’Europe de l’Est. »
Giovane modella portoghese Sonia (Foto, Paulgi/Flickr)
En retournant dans la rue et en observant les passants dans la rue Garret, force est de reconnaître que la hauteur moyenne des Portugaises est typiquement méditerranéenne… La manager de Zara, Katia, le confirme : « 80% des portugaises s’habillent en ”S” et elles font en moyenne 1,60/1,65m ». Mais ce n’est que lorsqu’arrivent les touristes américains que l’on note la différence : « nos XXL ne sont jamais assez grands pour eux… »
Toutes les photos sont de Paulgi/Flickr, photographe portugaise
- Lire aussi
Publicité


s'inscrire aux alertes sur les nouveaux commentaires inverser l'ordre des commentaires recharger les commentaires Rejoindre la discussion
Vous avez quelque chose à dire ? Dites le ici !
Déjà babélien ? Log-in. Ou inscrivez-vous!